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3 - RELECTURE ENQUETE : SYNTHESE

Section 1 - LES FORMATIONS SUIVIES

De nombreuses actions de formation sur l'accompagnement.

De nombreuses formations d'où peuvent émerger la question d'un sens.

La visée de certaines formations étant le bien-être concret du malade n'exclut pas une perception globale de la personne.

Une absence étonnante dans les formations citées : la connaissance du malade.

A travers les formations, les soignants semblent en souffrance et demandent de l'aide.

Les formations sont très éclatées et on ne voit pas la ligne directe.

Les formations vont dans toutes les directions mais dans l'ensemble elles ne privilégient pas l'être des personnes (soignés ou soignants).

Globalement, dans les formations, 2 thèmes : l'accompagnement et les questions techniques.

Il faut dépasser les techniques d'accompagnement et favoriser la réflexion sur l'être des acteurs en présence.

Suggestions sur les formations :

De nombreuses demandes d'approfondissement des connaissances.

Envisager un processus plus long de formation.

A une certaine « distance », des services hospitaliers.

Très peu de formations axées sur un travail sur soi.

Il y a là une direction importante : pour aider le malade à vivre son travail sur soi, le soignant doit être aidé à le vivre pour lui-même. On ne peut en faire l'économie.

Les formations tendent à redonner sens à ta pratique professionnelle, mais il faut aller plus loin.

Envisager des formations qui favorisent la connaissance du malade dans toutes ses dimensions.

Augmenter le nombre de formations sur le thème de la souffrance et de l'accompagnement.

La personne humaine est au centre des formations mais la réflexion n'est pas approfondie sur qui est la personne humaine : anthropologie, psycho-sociologie.

Promouvoir une réflexion sur l'être des personnes soignées et soignantes.

Les formations devraient favoriser les « mots » de chacun sur la dimension spirituelle.

Section 2 - LE SPIRITUEL - Les mots

Le choix des mots apparaît pesé, réfléchi.

Sens de la vie (64), vie de l'esprit (42), raisons de vivre (32).

Les besoins spirituels se sont laïcisés et se sont incarnés dans les choix de vie.

Les mots plus religieux : transcendance, questions métaphysiques, vie spirituelle, religion sont loin derrière les trois premiers cités.

L'insistance sur le sens de la vie apparaît comme une interrogation essentielle de l'homme.

L'enquête appelle à mieux percevoir comment le spirituel est vécu aujourd'hui et comment les personnes se le représentent.

Observations de l'Equipe de Relecture :

Le choix des mots reflète bien ce qui est repéré par les membres de l'équipe de relecture dans leur insertion et leur expertise.

C'est un sens qui s'exprime mais de bas en haut et non comme avant à travers le religieux de haut en bas. Mais le religieux lui-même suit le même processus aujourd'hui.

La dimension spirituelle est perçue comme la capacité de faire sens, de donner du sens à l'histoire personnelle, professionnelle et collective. Cette dimension participe à la promotion de l'homme.

L'instance des sondés sur le spirituel comme sens fait écho à l'expérience moderne de perte de sens et de raisons de vivre (dépressions, suicides, certains cancers...).

Le sens qu'est la dimension spirituelle est en chacun de nous et le dialogue avec l'autre permet de le révéler. Il faut favoriser, libérer l'expression libre de chacun et voir ce que cela représente.

Il faut aller au-delà des « impressions ».

Les formations devraient favoriser les « mots » de chacun sur cette dimension essentielle.

Développer une attention aux expressions de chacun.

Globalement, nous assistons à la montée de convergences qui tendent toutes à définir le spirituel comme ce qui donne sens à nos existences. C'est ce pourquoi on vit, on se bat...

L'équipe de relecture pluridisciplinaire retrouve bien cette tendance, dans leurs insertions comme dans leurs expertises. On le retrouve plus largement encore dans la société qui est la nôtre où apparaissent de multiples expressions spirituelles avec ou sans Dieu. En ce sens, les soignants sont bien de leur temps et sont aptes à comprendre les mentalités, les questions et les réponses de leurs contemporains.

Nous assistons à un vaste questionnement spirituel dans lequel les religions ont du mal à s'adapter pour dialoguer. Si les soignants sont bien individuellement sur la même longueur d'onde du spirituel vécu par les contemporains, l'institution hospitalière ne les aide pas à formuler les questions et à accompagner les perspectives ouvertes.

Comment aider les malades à mobiliser leurs ressources spirituelles dans la situation qui est la leur ?

Section 3 - DEMANDES / ATTENTES

Nous nous trouvons devant une très longue liste : 168 lignes environ.

1/ Patients

Besoin d'être reconnu, de ne pas être abandonné, d'être écouté.

Dans une vie bousculée, bouleversée : parler avec quelqu'un d'extérieur du passé, du présent, de l'avenir.

Désir de faire un bilan, de s'approprier le présent.

Le désir chez les malades de partager leurs préoccupations sur leur maladie.

2/ Proches

Un sentiment d'impuissance.

Etre écoutés et aidés pour gérer l'angoisse.

Souffrance de voir un parent hospitalisé, institutionnalisé.

Aider à communiquer jusqu'au bout.

Se préparer à l'après.

3/ Soignants

Permettre aux personnes d'être elles-mêmes.

Besoin de se protéger devant des échanges intenses.

Besoin de parier vrai.

Besoin de se relayer entre soignants pour accompagner.

Etre clair par rapport à soi-même pour être ouvert et disponible à l'autre.

Frustration des soignants sur leur place relationnelle partie intégrante du soin.

4/ Pour tous : patients - proches - soignants

Trouver un sens à soi, pour soi.

Avoir un interlocuteur extérieur à la situation, être écouté , reconnu dans ses besoins, ses attentes, ses peurs.

Etre accompagné.

La dimension spirituelle est aussi basée sur la relation Pour s'exprimer, elle a besoin d'un contexte, de se dire à l'autre. C'est ainsi que la vie prend sens. Cette dimension s'exprime moins en termes religieux traditionnels et ne peut pas être entendue.

Allier le savoir-être au savoir-faire.

Ces attentes pour qu'elles soient prises en compte demandent des relations plus importantes avec tous.

L'équipe est indispensable pour entendre la dimension spirituelle.

Besoin de comprendre, de se situer pour avoir prise .

Besoin de dialogue et d'écoute .

Besoin de rester sujet .

Besoin de surmonter îles peurs

peurs du malade

peurs du soignant

Besoin de faire le bilan de vie et d'exprimer le sens ou de trouver le sens - révoltes spirituelles (Dieu, vie...)

Besoins de buts .

Besoin de vivre mieux en qualité .

Besoin de comprendre les pourquoi

questions existentielles (souffrances, mort)

sens de la maladie.

Besoin d'accompagnement pour les malades, les proches et les soignants.

Confrontation des malades, des proches, des soignants aux limites

Besoin de complémentarité : malades/proches/soignants

pluridisciplinarité

Les demandes/attentes manifestent que les questions posées par les malades sont profondément les mêmes pour les soignants.

L'acteur de santé travaille sur l'homme et sur l'homme fragilisé. Or, la société dans son ensemble développe des valeurs contraires au monde de la santé. Dans notre société, tout est basé sur l'autonomie pour faire sa place.

Les acteurs de la santé sont bousculés par leur confrontation à ce que la société veut occulter.

C'est là le cœur du drame.

Dans cette confrontation, deux points essentiels marquent les acteurs :

confrontation aux questions existentielles,

confrontation à la fragilité, à la précarité de l'existence.

Il ne peut y avoir de solution que par la prise en compte de ces confrontations et l'élaboration d'une culture humaine profonde prenant en compte la dimension de fragilité que révèle ce monde de la santé.

C'est une dimension constitutive de l'homme.

Section 4 - QUI Y REPOND ?

Tous les soignants le font de manières très diverses. Les I.D.E. semblent avoir une place prépondérante, suivies des médecins, des aides-soignantes et des psychologues.

Les autres patients sont cités. Cela peut surprendre mais il semble que ce soit une réalité à prendre en compte.

L'aumônerie semble reconnue dans ce rôle.

La compétence pour répondre semble liée à la proximité : plus les acteurs sont proches des patients, plus ils semblent s'impliquer et chercher à répondre.

Famille et psychologues ne semblent pas les mieux placés : cela dépend de la relation instaurée.

L'aumônerie paraît bien identifiée notamment dans le champ des I.D.E.

Le lien I.D.E. /Aumônerie et plus largement soignants/aumônerie est à approfondir.

Pour mieux répondre, des conditions apparaissent nécessaires :

Passer du « malade » à la personne malade.

Notre société fabrique des malades de la relation et du sens.

Mieux intégrer le fait que les hôpitaux généraux ont des lits de psychiatrie et que cela peut aider le milieu sanitaire à évoluer et à mieux prendre en compte la dimension psycho sociale et culturelle.

Il s'agit de permettre aux soignants d'être attentifs à cet aspect du sujet mais cela est éprouvant et exige une aide car cette implication retentit sur le vécu personnel des soignants.

Les réponses sont très souvent trouvées par les individus eux-mêmes qui s'impliquent. Cet état de fait appelle de la part de l'institution la mise en place de soutiens.

Les lecteurs de l'enquête la trouvent réaliste, reflétant la réalité vécue.

Ils attirent l'attention qu'il y a risque à ne pas aider les soignants. Les implications peuvent engendrer des souffrances.

Apparaît la nécessité de faire des formations sur l'accompagnement qui intègrent ces dimensions de l'implication des soignants et de la prise en compte de la dimension spirituelle, de la question du sens.

Importance du travail pluridisciplinaire.

Section 5 - COMMENT Y REPONDEZ-VOUS ?

Tout ce qui est oral est plébiscité : échanges en équipe, permanences pour les familles, présence des associations, informations mutuelles.

L'info écrite : on ne sait pas faire et comment l'utiliser. Elle peut gêner.

La question du projet que l'on a dans l'accompagnement est posée : Quel projet ? Quels moyens proposer ?

Le travail d'équipe, la formation et la présence d'aumônerie viennent en tête : n'y a-t-il pas là les idées d'échange et de compétence pour mieux répondre.

Les réponses sont très éclatées, elles marquent un désir d'ouverture mais il faudrait préciser et projeter.

En mettant du lien on permet l'expression d'un sens.

Les moyens sont à prendre au niveau personnel mais aussi au niveau institutionnel.

Le travail d'équipe est plébiscité soit comme une réalité mais aussi comme un besoin primordial qu'il faut faire avancer.

Ce travail d'équipe semble demandé pour aider à accompagner le malade mais aussi pour éviter un face-à-face trop difficile à supporter avec le patient. Le travail d'équipe permet de la souplesse et de la complémentarité.

La formation ne semble pas avoir toute la place qu'elle pourrait avoir.

Il y a à inventer des lieux et des moments pour les familles pour favoriser une parole qui ne se limite pas à la thérapeutique et qui, en l'incluant, libère la parole sur le sens de ce qui se vit.

L'appel aux associations existe mais est trop limité.

Section 6 – SUGGESTIONS

Prendre des idées dans l'enquête pour monter des projets de formation.

Les suggestions sont variées et complémentaires. Elles montrent que cette dimension est prise au sérieux.

Il y a un appel à des rencontres plus fréquentes entre médecins et famille.

Les suggestions tendent à favoriser le dialogue, l'échange sur le spirituel et le sens. On retrouve ce que constatent Jean-Baptiste de Foucault et beaucoup de décideurs qui parient, aujourd'hui, d'une révolution existentielle. Nous parviendrons à un temps où tes exigences à poser les questions existentielles seraient très grandes. Nous serions devant une nouvelle étape de société.

Importance du travail pluridisciplinaire.

Tendre à une meilleure connaissance des attitudes, des conceptions des religions et des courants spirituels.

Ne pas négliger cette dimension dans la formation continue.

Les aumôneries pourraient avoir un rôle « culturel » ouvrant les échanges avec tous sur un partage humain intégrant la question du sens (qui peut se poser en termes religieux ou hors religions). Ne pas enfermer cette question du sens dans des mots traditionnels trop vite « classés », répertoriés d'avance. Eviter les à priori réducteurs.

Il y a une demande forte d'être éclairés, soutenus pour se situer face à la question du sens et cela sous des formes très diverses et pas seulement traditionnelles.

Les soignants ont besoin d'aide pour être à leur tour des aidants .

Une remarque a été faite : les cadres ne semblent pas avoir un rôle spécifique dans l'écoute et l'aide aux soignants et aux soignés. Cela pose question sur la fonction cadre.

La prise en compte de la vie spirituelle des malades permettrait d'éviter des accompagnements réducteurs.

On découvre qu'il ne s'agit pas de trouver et donner des réponses mais de permettre de poser et partager les questions ceci étant vrai pour les malades, les familles, les soignants.

Proposer ou demander de meilleures informations et formations à tous les niveaux.

Développer l'écoute et le dialogue à tous les niveaux en même temps que nous assistons à un développement technique.

Se donner les moyens de prendre en compte l'angoisse des malades et les souffrances des soignants.

Donner des formations sur toutes les spiritualités et les soins interculturels.

Former les éventuels bénévoles.

Ouvrir un travail sur soi, se laisser questionner par la vie, la profession...

Section 7 – CONCLUSIONS

II faut noter que les soignants au sens large du terme prennent en compte la dimension spirituelle, qu'ils pensent que les malades ont besoin d'aide, y compris à ce niveau, mais souvent ils ne savent pas très bien comment s'y prendre.

D'où l'intérêt de mettre en place des éléments concrets et des formations.

Le champ est ouvert. Ces demandes, ces attentes chez les malades et repérées chez les soignants sont sûrement le reflet de quelque chose de plus large que cet échantillon essentiellement formé pour moitié d' I.D.E. et l'autre moitié d'aides-soignants.

Les professionnels du soin ont besoin :

1 - pour leur rôle auprès de la personne malade,

2 - et pour eux-mêmes en tant que personne soignante,

d'être étayées dans leur capacité relationnelle à soutenir du sens (celui de la personne malade, celui de notre réalité professionnelle, celui d'une équipe).

La lecture du bilan de l'enquête a présenté beaucoup d'intérêt pour l'équipe de relecture.

Nous notons qu'il y a beaucoup de choses qui se font, les acteurs sont à la fois variés et complémentaires, les personnes que s'engagent le font si personnellement et niveau d'une équipe, mais peut-être plus par intuition, par résonance personnelle que par une formation véritable semble-t-il.

Cet aspect dans la formation est certainement à prendre en compte.

Les manques sont surtout institutionnels. Beaucoup d'individus semblent prêts à aller plus loin si on leur en donne les moyens. L'institution hospitalière a des responsabilités en ce domaine.

 

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